C'est à cette date aussi que s'ouvre au 13, boulevard de Strasbourg, juste en face de l'Eldorado, le Café Concert "Au cheval blanc" qui prendra en 1876 le nom de "La Scala".
Jusqu'en 1887, date à laquelle les époux Allemand assureront leur direction commune ; les deux cafés concerts vont faire de leur rivalité un feuilleton à épisodes qui ravira Paris.
Paul Renard qui avait été son secrétaire succédera à Lorge en 1871 et confiera la Direction artistique à un chansonnier : Léon Garnier.
Après la trépidante gaieté du Second Empire, c'est le patriotisme, l'héroïsme des armées et le défi au vainqueur que chanteront les pensionnaires de l'Eldorado. Amiati triomphe avec les chansons de Paul Déroulède qu'il créée dans ses murs : "Le Clairon" (L'air est pur, la route est large...), "Le Maître d'Ecole alsacien". Rosa Bordas crée "Les cuirassés de Reichshoffen" et Christienno, en septembre 1871 "Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine".
Et Paulus revient, gesticulant et gambillant.
Puis ce sont les débuts d'Yvette Guilbert, ceux, dans le genre gommeuse, de Mistinguett, qui restera dix ans à l'affiche de l'Eldorado.

Puis s'y font applaudir Mayol, Polaire, Bérard, Dranem, pensionnaire pour vingt ans, Bach, Georgel, Sinoël, Monte[ qui y créée : "Elle était souriante" et en 1907 - il avait alors 19 ans - Maurice Chevalier.

En 1918, soixante ans après son ouverture, alors qu'il avait donné leur chance à tant d'artistes et qu'il avait servi de pépinière à tant de théâtres du rire de la danse et de la chanson, l'Eldorado, concurrencé par le music hall importé d'Amérique, par le cinéma naissant, par la bicyclette diront certains, doit renoncer à son répertoire de Café Concert et consacrer son activité à la revue, à la comédie, au vaudeville, à l'opérette.
|
En 1932, le Théâtre Yiddisch sera le dernier pensionnaire de l'Eldorado avant démolition et reconstruction l'année suivante en une salle de 2000 places consacrées au cinéma, selon les plans de l'architecte Paul Dubreuil.
Cependant, les cinémas, même géants, surtout géants, connaissent eux aussi un jour ou l'autre le désaveu d'une partie de leur public. C'est donc une salle de cinéma sans film qui ouvre ses portes en 1971 à toute une gamme de spectacles musicaux, comiques ou dramatiques jusqu'à ce que Michel Galabru reprenne en 1981 "Les Rustres" de Goldoni dans une adaptation de Claude Santelli, qu'en 1982 Darry Cowl reprenne Azaïs de Georges Beer et Louis Verneuil, dans une mise en scène de René Clermont, que "Le Don Juan de la Creuse" de Labiche lui succède, que Georges Guétary vienne en 1984 y chanter " Hourra Papa " de Jacques Demarny dans une mise en scène de Dirk Sanders.
Jean-Claude Paulard, devenu directeur en 1990, consacra l'activité de l'Eldorado à l'opérette avec notamment le compositeur Francis Lopez.
Puis, en 1994, vient Maurice Molina.
Après rénovation totale du hall de la salle rendue plus confortable et de la scène, laquelle trouve enfin les dimensions et les équipements techniques propices au répertoire d'un grand théâtre populaire, son nouveau Directeur choisit une programmation ambitieuse et ecclectique.
C'est ainsi qu'il monte "Le Faiseur" de Balzac mis en scène par Françoise Petit avec Jean-François Balmer, "Les jumeaux Vénitiens" de Goldoni mis en scène par Gildas Bourdet avec notamment Marianne Epin et Pierre Cassignard ( Molière du meilleur acteur ), Monsieur Schpill et Monsieur Tippeton de Gilles Segal, deux fois couronné aux Molières, mis en scène par Georges Werler, "La Surprise de l'Amour" de Marivaux mis en scène par Robert Fortune, "Six personnages en quête d'auteur" de Pirandello, mis en scène par Jorge Lavelli, avec Michel Duchaussoy et Elza Zilberstein, "L'Ecole des Maris de Molière et les Poubelles Boys" mis en scène par Benno Besson, "Un tramway nommé désir" de Tennessee Williams adapté par Jean-Marie Besset et mis en scène par Philippe Adrien, avec Caroline Cellier et Samuel Le Bihan.
Puis, contraint par l'ancien propriétaire des lieux d'abandonner l'enseigne que l'histoire avait consacrée, Maurice Molina en L'An 2ooo rebaptise son établissement " Théâtre Comédia".
.
Il affiche "Monsieur Amédée" d'Alain-Raynaud-Fourton, mis en scène par Jean-Pierre Drave[, avec Michel Galabru, "La Main Passe" de Georges Feydeau mis en scène par Gildas Bourdet, "Marciel en campagne" de Marc Hollogne, "Ne réveillez pas Madame", mis en scène par Francis Perrin, "La Soupière" de Robert Lamoureux mis en scène par Francis Joffo, "Bon appétit, Messieurs" de Jean Galabru, mis en scène par Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé,
"Faut-il tuer le clown" de Jean François Champion mis en scène par Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé avec Michel Roux et Alexandra Stewart et tout récemment, "Ladies Night" d'Anthony Mc Carten, Stephen Saint-Clair et Jacques Collard, mis en scène par Jean-Pierre Dravel et Olivier Macé avec Lisette Malidor et Pierre Cosso. L'Année se termine avec les représentations du spectacle de Laurent Baffie "Sexe, magouilles et culture générale" qui fête sa 400 ème représentation (avec Daniel Russo, Pascal Sellem). En Janvier 2003, retour de Patrick Dupond pour le spectacle musical "l'Air de Paris".
La saison 2003/2004 commence joyeusement le 18 Septembre avec le célèbre duo Chevallier-Laspalès ans leur nouvelle comédie "Déviation Obligatoire" qui connaît un grand succès jusqu'au 4 Janvier 2005, date à laquelle le théâtre ferme ses portes pour une rénovation totale de sacage de scène.

C'est sur une scène totalement élargie et modernisée que Roger Planchon plante le décor de la pièce testament de Ingmar Bergman "S'agite et se pavane" pour une série de représentations.

Puis Laurent Baffie revient avec sa pièce fétiche dont il fête la 500ème représentation. La saison se termine avec l'alternance de la création de la comédie de Jean-Pierre Sturm "Ma Commère Alfred" et celle de "Théâtrouille" d'Alex Goude et Frédéric Lenci.
 |
La rentrée 2005/2006 affiche la célèbre comédie musicale américaine, produite par Serge Tapierman, "Un Violon sur le Toit" adaptée par Stéphane Laporte, avec Franck Vincent dans le rôle du célèbre laitier philosophe. Du 28 Septembre 2005 au 15 Janvier 2006 c'est un véritable triomphe qui incitera le Producteur à une reprise au printemps 2006 au Casino de Paris. |
En co-production avec le CADO d'Orléans où la pièce est créée le 5 Janvier 2006, PYGMALION arrive sur la scène du Théâtre COMEDIA le 28 Janvier 2006. Barbara Schulz, Nicolas Vaude, Danièle Lebrun, Henri Courseaux, Odile Mallet, Catherine Alcover, Pierre-Alain Leleu, Fleur Houdinière, Bruno Henry, Maurine Nicot, Jean-Paul Lopez feront triompher le texte de Bernard Shaw dans la mise en scène de Nicolas Briançon. Indéniablement l'un des plus beaux spectacles de la saison, il sera nommé 8 fois aux Molières 2006 où Danièle Lebrun recevra celui de l'actrice dans un second rôle. La dernière représentation de PYGMALION est donnée le 1er Juillet 2006. |
 |
A partir du 20 Juillet, Maurice Molina accueille Jean-Pierre Sturm pour la nouvelle version de sa comédie "Ma Commère Alfred", revue en " Ma Tatie Alfred" pour la saison d'été.
 |
La saison 2006-2007 s'ouvre avec le retour sur une grande scène théâtrale de Jean-Marie BIGARD pour son nouveau one man show "Mon Psy va mieux" Première représentation le 15 Septembre 2006. Le 6 Février 2007, Marc Jolivet et l'Orchestre Symphonique Lyonnais investissent les lieux, sous la direction de Philippe Fournier, pour Comic Symphonic, un spectacle salué unanimement pour son originalité et son optimisme contagieux.... Julie Ferrier finit la saison en beauté avec quatre représentations exceptionnelles de son spectacle Aujourd'hui, c'est Ferrier !. |
|